Le type de syndicalisme que représente et défend le SAGES découle de sa conception du professeur agrégé, intellectuel et indépendant.

Un syndicat doit participer à l'élaboration de la politique et des modalités d'enseignement, par le biais de propositions et de discussions avec le gouvernement et l'administration. Mais il ne doit pas mener une politique de cogestion, telle qu'elle est voulue et pratiquée par les syndicats actuellement majoritaires, et consentie par l'administration : de ce consentement, ces syndicats ont parfois fait leur "fonds de commerce". Ainsi, il est inadmissible pour le SAGES que, par exemple, les résultats des mutations et des avancements soient annoncés par certains syndicats aux professeurs concernés plusieurs mois avant que l'administration daigne s'en charger.

Par ailleurs, l'étude et la défense de la profession des professeurs agrégés exigent un syndicalisme qui soit adapté à la catégorie représentée et défendue (un syndicat, ni moins, ni plus).

Les dirigeants du SAGES s'efforcent donc de satisfaire aux exigences de niveau et de tenue qu'ils estiment être attendue de la part des professeurs qu'il syndique (professeurs agrégés dans le second degré, et PRAG -ou professeurs occupant les mêmes fonctions- dans le supérieur. Ils refusent également toute compromission qui serait susceptible de porter atteinte à l'indépendance et au caractère intellectuel de leur activité.

Ainsi, nous pensons que, aussi digne et respectable qu'elle soit, l'activité syndicale ne saurait justifier par elle-même une promotion sur des critères étrangers à ceux normalement requis. Et pourtant, combien de dirigeants d'autres syndicats, n'enseignant pas ou peu, ont été promus agrégés au tour extérieur ou hors-classe… !

Ainsi, le SAGES ne saurait marchander ni transiger sur ce qui constitue les droits fondamentaux des professeurs qu'il syndique. C'est parce que de pareils marchandages sont pratiqués depuis des années au détriment des professeurs agrégés que leurs droits et leurs intérêts se trouvent aujourd'hui menacés dans leur substance même.

Adhérer aux autres syndicats, ne pas voter pour le SAGES aux différentes élections ou ne pas adhérer au SAGES, c'est cautionner activement ou passivement un type de syndicalisme qui concourt à la disparition du corps des agrégés ou, ce qui revient au même, à son aliénation à l'administration ou aux "sciences" de l'éducation.