Le SAGES n'a pas vocation, statutairement parlant, à se préoccuper des maîtres du Primaire et n'est pas non plus directement qualifié pour intervenir dans le déroulement propre de l'enseignement élémentaire.
Cependant, il ne peut se désintéresser de cet enseignement élémentaire dans la mesure où celui-ci conditionne de manière évidente l'enseignement ultérieur, tant par les bases indispensables qu'il doit lui fournir que par les habitudes de travail qu'il doit lui ménager.
Et cette première formation est d'autant plus importante qu'elle s'adresse à un âge particulièrement propice à la recevoir et qu'elle ne pourra plus, sans difficultés ou dommages, être compensée ultérieurement.
Le SAGES est donc bien dans son rôle en assignant ses objectifs généraux à l'enseignement élémentaire, en examinant si ces objectifs sont atteints et, le cas échéant, en recherchant les causes des carences constatées.

Les objectifs généraux de l'enseignement élémentaire relèvent, conformément à ce qui est dit supra, de deux ordres : les bases et les habitudes.

Pour atteindre ces deux ordres d'objectifs, il faut pour les premières, eu égard aux difficultés manifestes d'assimilation qu'elles présentent, leur consacrer l'essentiel du temps scolaire (ce n'est pas à dire qu'il faille sacrifier les autres matières, mais celles-ci ne disposent pas de la priorité) ; pour les secondes, elles réclament à l'évidence une attitude adéquate de tous les instants de la part du maître qui doit, en cette occurrence, clairement bénéficier du soutien de l'institution.

Chacun le sait, il s'en faut de beaucoup que ces objectifs soient aujourd'hui atteints, contrairement à ce qui avait encore lieu il y a une cinquantaine d'années.

Le changement de public scolaire ne peut être ici utilement invoqué  : cinquante ans plus tôt, le Primaire s'adressait comme aujourd'hui à l'ensemble de la population (et ce ne sont pas les prétendus laissés pour compte d'antan qui font une différence, n'ayant jamais été en bien grand nombre, quoiqu'on en dise).
S'il y a bien eu changement, c'est dans la " politique " scolaire, sous la houlette des chantres des sciences (?) de l'éducation et leurs complices syndicaux, particulièrement pesante dans le Primaire.
Ce changement a eu pour effet, au nom d'un puérocentrisme imbécile satisfaisant essentiellement les fantasmes de réussite de certaines coteries d'adultes, de vider l'enseignement élémentaire de toute contrainte (censément insupportable aux enfants), et dans ce but, de réduire de manière draconienne la part de temps scolaire consacrée aux fondamentaux - au bénéfice d'un " éveil " qui, à l'usage, se révèle être plutôt un assoupissement - et de jeter l'opprobre, par institution interposée, sur toute exigence d'effort ou de discipline véritables (remplacée par une fumeuse collaboration librement consentie entre maître et élèves).

Le résultat est sous nos yeux ; et il est désastreux.

Le SAGES réclame en conséquence que l'enseignement élémentaire revienne de toute urgence aux objectifs et aux conditions propres à les atteindre qui sont énoncés plus haut, lesquels objectifs et conditions ne sont nullement les restes d'époques prétendument archaïques, mais sont de tous les temps, et tout particulièrement des temps aujourd'hui à venir dans une nation civilisée.