Les syndicats ouvriers sont nés de la révolution industrielle, après des révoltes sociales et d'âpres luttes pour en imposer la reconnaissance légale : c'est en 1884, près d'un demi-siècle après les ouvriers britanniques, que leurs homologues français obtiennent le droit d'association syndicale.

Avant cette date, les associations d'enseignants étaient des amicales d'entraide. Les premiers véritables syndicats enseignants regroupèrent essentiellement des instituteurs, leur structure s'apparentant au modèle du syndicat ouvrier qui était celui de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.

Différentes évolutions, scissions et créations ont eu lieu au cours de ces dernières décennies : mais la plupart des syndicats enseignants ont conservé une idéologie et un mode de fonctionnement imprégnés de la logique de "la lutte des classes", issue des débuts du syndicalisme. En face, et contre cette logique, se sont créés d'autres syndicats enseignants, apparentés aux syndicats de cadres.

Ainsi, quelles que soient les tendances, c'est toujours le schéma administratif du professeur inscrit dans une hiérarchie qui a prévalu, la seule variante, d'un syndicat à un autre, tenant à l'appréciation de la place accordée au professeur au sein de cette hiérarchie, appréciation évidemment fonction de la coloration politique du syndicat considéré.

Notre syndicat ne souscrit pas à ce modèle : certes, son appartenance à un service organisé impose au professeur agrégé des contraintes (enseignement et administration), mais ce qui relève de sa fonction principale, l'enseignement, ne nous semble pas devoir être inscrit dans un schéma hiérarchique conventionnel.