année 2017-2018
Le gouvernement poursuit l’œuvre de dévalorisation morale et de déclassement social et matériel des professeurs.
Le SAGES appelle à la grève le 10 octobre 2017

Le SAGES avait déjà observé que le protocole « Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations » (PPCR) mis en place par le précédent gouvernement constitue en réalité une indigne escroquerie financière : à supposer que les mesures du protocole PPCR soient appliquées, un agrégé au 9ème échelon de la classe normale aura perdu en 2020 environ 16 €/ mois par rapport à un agrégé au même échelon en 2010 .
Ce protocole s’accompagne en outre d’une nouvelle évaluation des enseignants totalement inadaptée.

Notre syndicat s’est félicité de ce que le nouveau ministre de l’Éducation nationale, M. Blanquer, semble vouloir délivrer l’École Républicaine de l’emprise du « pédagogisme ».

Pour autant,les décisions aujourd’hui prises par le nouveau gouvernement et le Président de la République sont inacceptables :
• gel de la valeur du point d’indice ;
• hausse de la CSG, sans aucune compensation, pour les fonctionnaires en activité et les retraités touchant une pension supérieure à 1200 euros (sic !) ;
• poursuite de l’augmentation annuelle de la retenue pour pension civile qui atteindra 11,10 % en 2020 ;
• rétablissement de la journée de carence à compter du 1er janvier 2018 en cas d’arrêt de travail pour congé maladie ;
• suppression des contrats aidés, dont on mesure déjà les effets dramatiques dans l’Éducation nationale ;
• suppression annoncée de 120 000 postes dans la Fonction publique…

Avec notre fédération, la FAEN, nous appelons donc à la grève le 10 octobre prochain, et à la participation aux initiatives qui seront prises en cette journée d’action.

Baisse drastique du nombre de contrats aidés dans l'Éducation nationale

La baisse drastique du nombre de contrats aidés frappe l’Éducation nationale de plein fouet en cette rentrée 2017.

Après 73157 contrats attribués sur le premier semestre de l’année civile, seuls 50 000 seront disponibles sur le second : plus de 23000 contrats perdus en six mois donc, soit une baisse moyenne de 30,83% du contingent.

Cette baisse ne se répartit pas de façon uniforme sur le territoire : Mayotte reste le seul département épargné (à moyens constants avec 324 contrats), mais pour les autres académies, cette baisse varie entre 4 et 11% pour les moins touchées (Limoges, Strasbourg, La Réunion) pour atteindre de 40 à 58% de baisse pour les plus atteintes (Nice, Guadeloupe, Martinique).

Des baisses aussi brutales ne peuvent évidemment pas aller sans lourds problèmes de fonctionnement à court terme (sans même parler des conséquences sur l’insertion professionnelle à long terme des personnels concernés par ces coupes), qui ont contraint le ministère à déterminer les priorités d’utilisation des contrats restants.

Ce sont donc le suivi des situations de handicap, et dans une moindre mesure, les missions de direction des écoles qui ont été épargnés. À terme, le ministère semble souhaiter réduire l’usage de ces contrats au seul accompagnement des situations de handicap, mettant ainsi fin à une grande variété des missions couvertes jusqu’à présent, et qui permettait simultanément de (ré)insérer dans le monde du travail de nombreuses personnes sur la base de compétences diverses.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Nouvelle mise en cause de la suppression du jour de carence

Le gouvernement fait donc ses premiers pas dans sa relation de confiance avec les personnels de sa Fonction publique en remettant « le jour de carence » à son ordre du jour. De quoi de donner le ton pour les mois à venir…

Confirmé en juillet par le ministre Darmanin, ce jour de carence avait déjà été mis en place par le gouvernement Sarkozy en 2012, puis supprimé par le gouvernement Hollande en 2014 car jugé « injuste, inutile et inefficace » par Madame Marylise Lebranchu.

La suppression du jour de carence est présentée comme un rééquilibrage avec le secteur privé (où la carence va jusqu’au 3e jour de la période d’arrêt avant la prise en charge) ou comme un moyen de lutter contre le micro-absentéisme.

Mais de fait :
1) elle ne rééquilibre rien : dans la plupart des cas en effet, et notamment dans les grandes entreprises, les jours de carence du secteur privé sont pris en charge par les employeurs. Un juste équilibrage devrait donc plutôt consister en l'absence d'un jour de carence au sein de la très grande entreprise que constitue la Fonction publique.
2) le jour de carence ne diminue en rien le micro-absentéisme, surtout dans l’Éducation nationale, où la durée moyenne annuelle de Congé Maladie Ordinaire est de 6,7 jours (contre 7,1 jours pour l’ensemble des fonctionnaires).
Plus édifiante encore, voici la comparaison des taux d’absentéisme pour raisons de santé, tous secteurs confondus :
- 3,6% des travailleurs dans le secteur privé,
- 3,2 % dans la Fonction publique de l’enseignement, dont
- 2,3% sur les seuls enseignants !

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Mise en question de la mise en place du protocole PPCR !

Gérald Darmanin, ministre en charge de la Fonction publique, a annoncé le 10 juillet dernier que la situation des finances de l’État obligeait le gouvernement à s’interroger sur les accords PPCR, et plus précisément « sur le calendrier de mise en œuvre du protocole et de l’étalement de sa montée en charge ». Cette annonce venait conforter la baisse des moyens de la Fonction publique déjà amorcée : suppressions de postes (120000 annoncées), rétablissement du jour de carence (voir ci-dessous), gel du point d’indice en 2017 et 2018, hausse prochaine de la CSG, non compensée actuellement pour les fonctionnaires, etc.

Le dispositif PPCR, déjà amorcé et qui doit connaître une étape importante en septembre avec le reclassement de l’ensemble des personnels dans de nouvelles grilles, est maintenant dans la ligne de mire du ministre. Avec son coût estimé de 4,8 milliards d’ici 2020, il passe en effet pour une source potentielle non négligeable d’économies !

Faire une telle économie reviendrait à s’asseoir sur la parole de l’État, engagée dans ces accords, ainsi que sur des mois de dialogue social avec les différents syndicats pour obtenir quelques bribes compensatoires face à la gravissime dégradation du pouvoir d’achat des fonctionnaires depuis 12 ans. Un « détail » qui ne semble pas arrêter le ministre…

Pour rappel, le PPCR n’est pas simple un dispositif de revalorisation mais il engage toute une nouvelle philosophie de l’avancement de carrière et de l’évaluation des personnels. Ré-échelonner son calendrier d’application risque à tout le moins de présenter à très court terme des conséquences pratiques néfastes sur la gestion de carrière des personnels !

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

année 2016-2017
500 euros en moins pour les professeurs !

Le gouvernement, par le biais d’un décret surprise publié le mardi 30 août 2016 (1), deux jours avant la rentrée, a supprimé la prime de 500 euros que les professeurs enseignant dans le second degré pouvaient toucher à partir de trois heures supplémentaires par semaine (HSA).
Cette prime avait été décidée par Nicolas Sarkozy en 2008. Mais comme son gouvernement supprimait conjointement 70000 postes dans l'éducation nationale, les syndicats majoritaires, le SNES-FSU en tête, s’étaient alors opposés à l’augmentation du temps de travail qu’ils estimaient incompatible avec la défense de l’emploi.
C’est donc en toute cohérence que la FSU (SNES, SNEP, SNUEP...), l’UNSA, le SGEN-CFDT et la CGT ont approuvé, en Comité Technique Ministériel (CTMEN), le 12 juillet dernier, la suppression de la prime.
La méthode est révoltante en soi : on acte sournoisement une mesure durant les vacances scolaires, en sorte de réprimer toute contestation possible… De plus, les professeurs qui avaient consenti des heures supplémentaires en juin, au moment des répartitions de services dans les établissements, et qui comptaient bénéficier de cette prime, se trouvent effectivement pris au dépourvu, et soumis au chantage suivant : « ou bien vous conservez ces heures supplémentaires, ou bien les élèves se retrouveront sans professeur »…
Les organisations dont il est question plus haut jugent-elles que leur rôle est de faire en sorte que les personnels dont elles sont censées défendre les intérêts matériels et moraux voient leur salaire diminué ? Sans aucun doute. Et c’est toujours au nom de cette insupportable dogmatique dont elles ne se départissent jamais : la secrétaire générale du SNES, Madame Frédérique Rolet justifie la suppression de la prime par la nécessité de « mieux partager le temps de travail »…
Une telle doctrine, fondée sur la culpabilisation des enseignants qui auraient l’impudence d’accepter des heures supplémentaires – des traîtres à la cause qui volent le travail des autres (2) – vise bien à les pénaliser. Mais enfin, les professeurs qui acceptent de travailler davantage sont-ils responsables de l’existence des heures supplémentaires et des compléments de service, qui sont en réalité imposés, et souvent au dernier moment, aux établissements par les rectorats (pour les lycées) et les DSDEN (pour les collèges) ? Certainement pas !
Le SAGES, et plus généralement les syndicats de la FAEN, ont toujours défendu le droit de « travailler plus pour gagner plus », a fortiori dans le contexte de paupérisation des fonctionnaires et de déclassement moral et social des professeurs, orchestré par les gouvernements successifs, avec donc, la complicité de certains syndicats.

V.H.

(1) Décret n° 2016-1174 du 30 août 2016 abrogeant le décret n° 2008-927 du 12 septembre 2008 instituant une prime spéciale au bénéfice des enseignants qui assurent au moins trois heures supplémentaires année (HSA) d'enseignement dans l'enseignement secondaire.
(2) On méditera cette parole circonstanciée d’un membre de la secte : « Tondre quelqu'un qui est prêt à tondre d'autres personnes, cela ne me pose aucun problème. J'ai la tondeuse si tu veux, comme cela ne te coûtera rien. Je fais ça gratos et avec plaisir. »

Université : la sélection par la chance (!) à l’entrée de certaines filières

Nous avons été choqués par l’annonce, par les universités parisiennes, début mai, de la possibilité de mise en place d’un tirage au sort pour le choix de leurs futurs étudiants en médecine.
Cette procédure, qui existe déjà dans diverses filières dont les STAPS (éducation physique et sportive) et, dans une moindre mesure, la sociologie, l’économie et la psychologie, est inéquitable par principe : elle élimine potentiellement d’office aussi bien les élèves dont le profil est bon pour réussir que les moins bons39. Qui plus est, une fois éliminés au tirage, les jeunes gens concernés n’auront quasiment aucune seconde chance, puisque l’année suivante, le portail « APB » (Admission Post-Bac) ne les considérera plus comme des nouveaux bacheliers mais comme des étudiants en réorientation, si bien qu’ils ne seront plus prioritaires.
Conjointement, et cela va évidemment de pair, « l’idéologie dominante » refuse toute forme de sélection au mérite à l’entrée à l’université et durant les premières années de licence : on donnera pour exemple la récente décision d’un département de philosophie de Paris 8 de « donner » un semestre à tous les étudiants…
À une sélection par le mérite, on substitue ainsi une sélection par la chance : c’est écoeurant.

V.H.

(1) http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/fiona-refusee-par-un-tirage-au-sort-a-l-universite-c-est-totalement-injuste-20425/
(2) http://www.europe1.fr/societe/paris-8-le-semestre-donne-a-tous-les-etudiants-en-philosophie-2744374
« La présidence de l'université, contactée par Europe 1, dit ne pas être au courant de la décision prise par ce groupe de professeurs, mais explique qu'il n'est pas question de l'ac- cepter. »

2016 & années antérieures
Un heure supplémentaire, mais pas davantage !

Le Conseil d’État a rendu un arrêt le 23 mars 2016 concernant les attributions d’heures supplémentaires aux enseignants.
À la suite de la modification du décret de 1950 et des diverses pondérations horaires, il arrive souvent que le service d’un enseignant excède son maximum de service d’une fraction d’heure (et non plus d’une heure complète). Le ministère, par le biais d’une circulaire parue en avril 2015 (1), espérait pouvoir faire une interprétation large du droit en permettant aux chefs d’établissement d’imposer en sus de cette fraction d’heure une heure supplémentaire complète aux enseignants concernés, dépassant ainsi la limite imposable d’une seule heure supplémentaire toujours valable dans les textes.
Le Conseil d’État a rappelé le ministère à l’ordre en annulant la circulaire en tant qu'elle prévoit que « lorsque l'application des pondérations pour le décompte des maxima hebdomadaires de service donne lieu à l'attribution d'au plus 0,5 heure supplémentaire, l'enseignant pourra être tenu d'effectuer, en sus, une heure supplémentaire entière » (2).
Le MEN prend acte de cette décision du CE dans le BO 32 du 8 septembre (3). En pratique, un collègue certifié enseignant en REP+, par exemple, qui effectuerait 17 heures de cours avec la pondération de 1,1 (ce qui donne au 18,7 h après comptabilisation de la pondération), ne pourra se voir imposer d’heure supplémentaire.
La FAEN invite ceux de nos collègues qui ne désirent pas d’heure supplémentaire au-delà de l’obligation légale d’une heure (4), tous calculs confondus, à utiliser cet argument.

V.H. & FAEN.

(1) Circulaire n° 2015-057 : obligations de services des enseignants du second degré (Cf. BO n°18 du 30 avril 2015)
(2) https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?idTe xte=CETATEXT000032289657
(3) http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=105837
(4) Décret n° 2014-940 du 20 août 2014 relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignants exerçant dans un établissement public d'enseignement du second degré : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=J ORFTEXT000029390906&categorieLien=id

Le piège des HSE

Le Ministère, dans sa Lettre juridique de mars 2016, a publié diverses informations concernant les heures supplémentaires effectives (HSE) que peut percevoir un agent (1).
Il s’appuie sur un jugement rendu le 24 novembre 2015 par le Tribunal administratif de Nîmes, imposant à une collègue un remboursement de trop-perçu, entre autres pour des HSE qu’elle avait effectuées et déclarées via l’application en ligne « ASIE » (aide à la saisie des indemnités en établissement), sans devoir apporter preuve de l’accord de son chef d’établissement.
Pour appuyer sa décision, le tribunal a rappelé que « la qualification d’heures supplémentaires […] doit résulter d’une demande de l’administration ou, à défaut, d’une nécessité du service ». Alors que l’administration se décharge de son travail, les personnels devant réaliser eux-mêmes les saisies informatiques de leurs frais de dépla- cement, de leurs indemnités, de leurs HSE, etc., sur des plates-formes souvent peu ergonomiques, la justice leur fait désormais endosser en plus la responsabilité des insuffisances ou des dysfonc- tionnements de la technologie !
Nous invitons en l’occurrence nos collègues à ne plus effectuer la moindre HSE sans demande écrite de la part de leur supérieur hiérarchique, demande qui doit inclure une description précise du travail et des heures demandées, ainsi que le montant de la rémunération qui s’y rapporte. Plus généralement, la FAEN exige une communication transparente du contenu des enveloppes budgétaires à disposition par établissement, communication à réactualiser régulièrement puisque ces enveloppes budgétaires évoluent tout au long de l’année scolaire.
Plusieurs centaines de collègues effectuent chaque année des heures supplémentaires sans être certains que leur chef d’établissement disposera ensuite de quoi les payer… En outre, pourquoi l’application « ASIE » devrait-elle se cantonner à un suivi des services accomplis, sans s’ouvrir à la gestion prévisionnelle des dépenses en HSE ? Rien n’empêche une telle ouverture, si ce n’est un ministère qui, à multiplier les obstacles au paiement effectif des sommes dues, finit par réaliser de substantielles économies et fait fructifier l’argent dormant…

(1) LIJ N°192 - mars 2016 : http://www.education.gouv.fr/lettre-information/lettre- information-juridique/LIJ_2016_192_mars.html

Des inspecteurs dénoncent à leur tour la réforme du collège

Peu avant les congés de fin d’année, deux syndicats d’inspecteurs d’académie ont exprimé publiquement leur désaccord avec la réforme envisagée du collège. Dans le tumulte de ce dernier mois, la nouvelle a pu passer inaperçue : elle est pourtant de taille, et le ministère devrait s’inquiéter sérieusement de ce qu’elle implique.
Le Syndicat National des Personnels d’Inspection (SNPI-FSU) s’est très clairement exprimé contre la réforme, dénonçant :
* une prétendue interdisciplinarité qui sert en réalité de prétexte à un enseignement thématique basé sur des liaisons superficielles entre disciplines".
* une obsession utilitariste dans la définition des objectifs d’enseignement, où l’acquisition de savoirs abstraits est dévalorisée par rapport à la réalisation d’objets concrets.
* un manque de clarté et de lisibilité qui constitue un danger véritable pour les élèves déjà en difficulté.
* les risques de dégradation des conditions de travail qui vont de pair avec une autonomie toujours croissante des établissements, etc.
Plus marquant encore, le Syndicat des Inspecteurs d’Académie (SIA), pourtant affilié à l’UNSA, principal promoteur de cette réforme du collège, exprime dans une lettre à la ministre ses craintes relatives à "l’excessive technicité organisationnelle et pédagogique du projet actuellement mis en œuvre". Le surcroît de travail qui attend les enseignants ne peut donc plus être nié, même les syndicats les plus favorables à cette réforme le dénonçant désormais !
La FAEN confirme ces analyses qui prennent d’autant plus de poids qu’elles émanent des syndicats représentant le corps de métier ayant la charge de l’encadrement et de la future mise en œuvre de la réforme. Cette réforme, devenue un pur enjeu politique, s’avèrerait un désastre pour notre éducation. Le ministère, s’il s’obstine, ne fera que se discréditer davantage.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Le salaire des fonctionnaires français reste bloqué quand celui de leurs homologues européens est en hausse !

Alors que les fonctionnaires français voient leurs salaires bloqués depuis juillet 2010, leurs homologues des administrations des instances européennes commencent bien l'année avec une hausse de leur traitement en moyenne de 2,4 % en 2016 !
Cette hausse résulte de l’application d’un mécanisme complexe basé notamment sur l'évolution moyenne des traitements des agents publics dans les onze principaux pays de l'Union européenne. Ce qui signifie que dans la majorité de ces pays les fonctionnaires ont reçu des augmentations non négligeables.
La palme de la progression des salaires re vient à l'Allemagne (+2,9 %).
Les traitements des fonctionnaires de sinstances européennes, qui gagnent en moyenne 6 500 euros nets par mois, n'avaient pas été revalorisés pendant les quatre dernières années.
Les fonctionnaires français, bien moins bien payés que leurs homologues allemands et ceux des instances européennes, ne devraient donc pas avoir honte d'exiger le rattrapage, puis a minima, le maintien de leur pouvoir d’achat.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Ce que le budget 2016 réserve à l’Éducation nationale

Le Ministère de l’Education nationale vient de fixer l’orientation de son budget 2016 à travers la publication du plan de finance qui le concerne et des objectifs qui lui sont fixés.
De manière globale, le budget accordé reste constant (on constatte une très légère progression) avec 67 milliards d’euros pour l’Enseignement scolaire et 26 milliards d’euros pour l’Enseignement supérieur et la Recherche.

Dans le détail des postes d’attribution, la plupart des secteurs sont en hausse, à l’exception du soutien à la politique de l’Éducation nationale (- 16 millions d’euros). Pour l’Enseignement supérieur, ce sont les investissements dans la Recherche économique et industrielle, ainsi que dans les services civils et militaires qui connaissent le plus gros recul (- 50 millions d’euros).

Au niveau scolaire, le secteur de l’Enseignement privé est très favorisé (+ 28 millions d’euros) et dans le supérieur, ce sont les budgets réservés à la recherche universitaire (+ 200 millions d’euros) et à la vie de l’étudiant (+ 36 millions d’euros) qui connaissent les plus grosses hausses.
- Concernant le secteur privé, la hausse des dépenses pour les personnels (+ 6 millions d’euros) qui va financer 500 créations de postes à la rentrée n’explique pas tout : le plan numérique et la formation continue des enseignants du privé alourdissent aussi la note pour un enseignement dont la ministre attend désormais, plus que de l’école publique, la hausse des acquisitions du socle commun en fin de 3ème dès l’année prochaine.
- Concernant le supérieur, l’augmentation de 100 millions d’euros annoncée par Manuel Valls est effective. Mais elle est plutôt risible si l'on de souvient du récent prélèvement de 100 millions d’euros dans les fonds de roulement des universités.

En matière d’objectifs, le ministère continue à ficer à l’école des obligations quantitatives totalement déconnectées des réalités du terrain. Il entend ainsi abaisser le taux de redoublement au CP à 0,5 % en 2017 (il était de 3,1 % l’année dernière), et, avec des baisses semblables attendues du CE1 au CM2, il espère finir par réduire le (si coûteux) redoublement à zéro...
Dans le même ordre d’idée, le ministère entend diminuer la part d’heures d’enseignement réalisées devant 10 élèves ou moins, à 6 % (contre 7 % aujourd’hui). Du même coup de baguette magique, il espère voir diminuer les actes de violence grave au collège de 3 %..., mais il ne fournit pas ici les moyens d'un tel miracle.
Cette politique incitative va contraindre une fois de plus les personnels à des décisions dangereuses : minorer les incidents, par exemple, ou en refuser des redoublements pourtant nécessaires, au seul motif de maintenir les caps statistiques fixés.

Pour la FAEN, les économies budgétaires sont les uniques raisons de ces stratégies. Le budget reste un budget de rigueur :il s'agit en effet de fonctionner à moyens constants malgré l’augmentation importante du nombre d’élèves et d’étudiants accueillis.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Réforme du Collège : le MEN MENT

D'après Le Monde de l'Éducation du 27 octobre, on se congratule au cabinet de Madame le Ministre, Najat Vallaud-Belkacem :
17 académies sur 30 auraient proposé des sessions durant les vacances de Toussaint, les 19 et 20 octobre et 6 150 professeurs se seraient portés volontaires (voir ci-dessous : Réforme du collège : former les profs pendant les vacances pour 50 euros ?. 'Il y avait un risque, et au final c’est une bonne surprise ; ces formations ont fait le plein', se félicite-t-on.
Et Le Monde de poursuivre :
"Si l’on ajoute à ces volontaires les professeurs qui ont été ou qui seront formés autour des vacances, sur leur temps de travail, ce sont un peu plus de 20 000 enseignants qui auront reçu une formation, soit quatre par collège en moyenne.
Parallèlement, 14 300 formateurs, inspecteurs et chefs d’établissement ont été formés et [selon le ministère] 'sont prêts à accompagner les équipes dans la mise en œuvre de la réforme' "

Mais l'autosuggestion a des limites :
* pourquoi 14 académies n’ont pas organisé de formation pendant les vacances de Toussaint ?
* 6 500 profs formés sur les 200 000 qui exercent en collège, on veut nous faire croire que c'est beaucoup ???
* compte tenu du nombre de demandes qui sont parvenues à la FAEN de la part de collègues se demandant si l’on pouvait refuser, les formations n’ont pas pu faire le plein

Le ministère MENT !

Le gouvernement veut instaurer une nouvelle voie d'accès dans le corps des professeurs agrégés, réservée exclusivement aux titulaires d'un doctorat

Un projet de décret relatif à ce « concours externe spécial » vient en effet d’être soumis aux organisations syndicales représentées au Comité technique ministériel. Celles-ci devront se prononcer avant la fin de l’année 2015.


Par ce projet de décret, le gouvernement satisfait deux revendications des docteurs :
• une reconnaissance de leur doctorat, qui devient un débouché d’emploi dans la Fonction publique (notamment sur des postes de PRAG et en CPGE)
• la prise en considération de leur ancienneté pour leur reclassement

Mais devons-nous craindre qu’à terme, les postes de PRAG et en CPGE soient confiés uniquement à ces nouveaux « agrégés docteurs », au prétexte que l'enseignement supérieur impliquerait nécessairement une activité de recherche ? Si tel était le cas, les professeurs agrégés recrutés par la voie classique du concours externe seraient indûment lésés et délégitimés.

En outre, tel que présenté dans le projet de décret, ce « concours externe spécial » est en fait un recrutement sur diplôme ou sur titre, dont le principe se situe en totale opposition avec celui de l’actuel concours d’agrégation externe, académique, national et anonyme. On peut donc légitimement s’interroger sur les modalités de sélection de ce nouveau « concours », notamment au vu de la grande variété des profils de docteurs.
Il est question d'« assurer la reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle », mais sur la base de quels critères peut s'opérer l'évaluation des mérites respectifs des candi-dats ? Et comment les candidats s’y prépareront-ils ? Prévoit-on des épreuves pratiques consistant à préparer et exposer une leçon, et à faire ainsi preuve de son aptitude à enseigner ? Ou seulement une évaluation de dossiers ? Envisage-t-on une évaluation des travaux de recherche autonome, distincte de celles opérées par les jurys de thèse et par le CNU pour la qualification aux fonctions de maître de conférences ? Demandera-t-on aux universités d'évaluer les enseignements effectués par des doctorants ou des docteurs dans le but d’une prise en considération de tels enseignements pour l'obtention de l' « agrégation externe spéciale » ? Les docteurs étrangers sont-ils concernés par ce nouveau « concours » ?

Enfin, selon le projet de texte, « le nombre de places offertes au ‘concours externe spécial’ [ne doit pas] être supérieur à 15 % du nombre total des places offertes aux deux concours externes [‘concours externe spécial’+ agrégation externe] ». Mais un calcul d'un collègue montre que ce pourcentage pourrait en réalité atteindre jusqu’à 28,5 % du nombre de places of-fertes à l’agrégation externe. Dans le contexte que nous connaissons depuis des années, avec des attaques sans cesse renouvelées contre le concours d’agrégation, dont certains demandent la suppression de façon récurrente, il nous apparaît que le décret pourrait bel et bien conduire à sa disparition progressive.

Rien n’empêche d’imaginer le pire, à savoir qu’à terme, les « agrégés » puissent être uniquement recrutés parmi les docteurs, par le biais du « concours externe spécial », et soient desti-nés à enseigner dans le supérieur, concurremment avec des enseignants-chercheurs dont le nombre total aurait été entre temps revu à la baisse. Et que, pour le second degré, le vivier des enseignants soit constitué seulement de certifiés : tout est fait actuellement, en tout cas, pour orienter les candidats à l’enseignement dans le second degré vers un master MEEF( « métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation ») plutôt que vers un « master recherche ».

Pour conclure, beaucoup d'interrogations et beaucoup d'inquiétude.

2015 : De la réforme du Collège au repérage des dissidents

On apprend par une dépêche de l’AEF du 29 septembre 2015 que l’académie de Toulouse a élaboré un « outil de pré-repérage » destiné à détecter les établissements dans lesquels la formation prévue dans le cadre de la réforme du collège s’annonce « complexe ».

L’AEF rapporte que deux questions sont posées aux chefs d’établissement :
- « Quelle est la répartition de la typologie des acteurs au sein du conseil pédagogique ? Chez les enseignants ? »
- « Font-ils partie du groupe des "opposants, rebelles, hostiles, irréductibles", du groupe des "attentistes, passifs indifférents, indécis" ou du groupe des "progressistes, proactifs, convaincus, avocats ou relais" ? »

Un IA-IPR de cette académie déclare à l’AEF « Là où le terrain sera miné, nous interviendrons avec des protocoles de formation ajustés ».

Il est demandé aux IA-IPR de « signaler les établissements qui pourraient être concernés en se basant sur le pourcentage de grévistes lors de la journée du 17 septembre 2015 et sur l’outil de pré-repérage ».

L’administration opère donc, avec la complicité de certains personnels de direction et de certains inspecteurs, une surveillance du comportement et des prises de position des professeurs, destinée à un « repérage » des dissidents, en vue sans doute de les redresser.

Bienvenue dans le petit monde totalitaire de Madame Vallaud-Belkacem !

Le SAGES soutient la manifestation nationale qui aura lieu à Paris le samedi 10 octobre prochain

Malgré la comédie médiatique à laquelle se livre Madame la ministre de l’éducation nationale, destinée à se persuader elle-même que sa réforme du Collège va s’appliquer, contre l'opposition raisonnée d'une immense majorité de professeurs et de citoyens, le SAGES continue à demander le retrait de cette réforme insensée. Il soutient la manifestation nationale qui aura lieu à Paris le samedi 10 octobre prochain

"Réforme du collège : former les profs pendant les vacances pour 50 euros ? Scandaleux"

Publié sur le site Internet 'L'Obs, le Plus" le 28 septembre 2015. Auteur : Yves Delahaie, enseignant, essayiste.

On se souvient que, durant la campagne des présidentielles de 2012, le président sortant avait proposé, en guise de friandises aux enseignants, de les payer 500 euros par mois pour un temps de présence de 26 heures dans les collèges. 500 euros quand le système en place payerait ces heures le double... Une escroquerie sans nom qui n'avait laissé personne dupe.

Qui eut cru que, trois ans plus tard, c'est sous la présidence de François Hollande que les enseignants se voient payés sous le seuil du SMIC, quand ils ne doivent pas avoir recours au bénévolat ? Ce véritable scandale s'inscrit dans la réforme du collège que le ministère essaye de faire avaler, envers et contre tous.

Aujourd'hui est dévoilé le plan de formation à destination des enseignants. Il est demandé de trouver dans les équipes pédagogiques cinq professeurs-relais, afin d'assister à deux jours de formations, les 19 et 20 octobre, soit pendant les vacances de la Toussaint. Et pour récompenser les valeureux, une somme de... 50 euros leur est versée par jour de formation. À raison de six heures de formation par jour, l'on en arrive au taux horaire de... 8,33 euros brut par heure, soit 1,28 euros de moins que le SMIC ! Mais que les sous-smicards s'estiment bien lotis : les dizaines de milliers de ceux qui enseignent au collège et qui ne font pas partie des volontaires sont assignés à assister à des formations les soirs après les cours ou le samedi matin ! Et le tout à titre gracieux ! Pas un euro de plus !

Quand on entend ici ou là que les formations se seraient faites au détriment des heures de cours, force est de constater que l'on rit jaune dans les établissements aujourd'hui. Au total, ce seront six journées prévues jusque juin 2016, puis deux autres pour la rentrée suivante. Soit au total 48 heures... complètement bénévoles !

"Les science de l'éducassion m'a tueR !"

Site du journal Marianne. Article de Antoine Desjardins, Professeur de Lettres, membre du collectif "Sauver les lettres".

A lire et à diffuser : Nos chers petits, livre de Patrice Romain

De la part de Véronique Dalette, chargée de mission communication

Dans Nos chers petits (paru chez Flammarion), un livre dédié « à tous les professeurs de France et de Navarre, avec ma plus grande admiration et mon plus profond respect », Patrice Romain, l’auteur de Mots d’excuse expose sans langue de bois le quotidien des professeurs.

Extraits :
« Porte ostensiblement des lunettes de soleil en classe. Lorsque je lui fais remarquer que le ciel est couvert, répond avec ironie que c'est moi qui l'éblouis. »
« Me répond en souriant alors que je le gronde : « Mais oui moi aussi je t'aime ! » Insolence caractérisée. Exclu du cours. »
« Plutôt que de suivre l'exercice, Mélanie utilise son manuel d'anglais afin que les rayons du soleil se réverbèrent sur son visage pour bronzer. »
« Mustapha a maladroitement lancé une cacahuète à Thibaud. Celui-ci, en se penchant pour l'attraper avec la bouche, s'est affalé sur la table de sa voisine. Je ne suis pas gardienne de zoo ! »
« Je vous informe que, durant mon cours, votre fils a lancé une prothèse mammaire (que vous trouverez ci-jointe, dans une enveloppe) à travers la classe. »
« Edwin s'obstine à parler de Beethoven en disant volontairement « bite au vent », ce qui ne fait rire que lui. »
« Je libère Nicolas du cours de technologie pour lui permettre d'aller à l'infirmerie car il doit avoir des problèmes de transit intestinal : il n'arrête pas de répéter « Ça fait chier », « Fais pas chier » ou « C'est chiant ». »
« Priscilla se lève de sa chaise tous les quarts d’heure et souffle dans ses mains pour faire le coucou. »
« J’ai mis zéro à l’excellent devoir d’Ingrid, dont la seule erreur a été d’oublier son antisèche dans sa copie double… »
« Lucas refuse de faire le contrôle d’espagnol. Motif invoqué : nous sommes vendredi 13 et il risque d’avoir une mauvaise note. Où va-t-on ? »

Plus d’extraits sur

Vers une nouvelle notation des élèves

La semaine dernière (mi-septembre), la ministre de l’Education nationale a laissé entrapercevoir quelques lignes de son projet de rénovation du Brevet des Collèges qui devrait voir le jour en 2016.

Parmi celles-ci, la modification de l’évaluation des compétences du socle commun : le système « acquis », « non acquis », devrait laisser place à une grille d’évaluation de 1 à 5, censée être plus lisible pour les parents. La disparition du 0 est ainsi pro grammée en filigrane Il faudra donc mettre des points pour une copie blanche !

Déjà, dans les années 1980, le système de nota tion sur 20 avait été remplacé par un système de notation sur 5 (lettres A, B, C, D, E), rejeté par la grande majorité des professeurs. Ceux-ci avaient contourné l’obstacle en donnant trois valeurs différentes à chaque lettre (par exemple A-, A, A+) rétablissant de ce fait une notation sur 15.

Les autorités avaient, après quelques années seulement, sagement fait marche arrière et rétabli la notation sur 20, beaucoup plus compréhensible pour les familles.

Les grandes réunions sur la « refondation » de l’été 2012 ont montré l’attachement au retour à un système de notation sur 5 des papes de la « refondation ». Il s’agit donc d’une mesure purement idéologique.

Si, selon la ministre, ce système permettrait aussi de regrouper les élèves en cinq « niveaux », chose considérée comme moins stigmatisante qu’une notation individuelle poussant les élèves à se comparer entre eux, il aurait de redoutables conséquences que le système de notation par lettres a mis en exergue. Ainsi, la lettre C correspondant aux notes de 8 à 12 constituerait une moyenne dans laquelle se retrouveraient de nombreux élèves, noyant dans la masse anonyme des « moyens » ceux aux résultats pourtant insuffisants : notes correspondant à 8 ou 9. Pourquoi faire des efforts si l’on est déjà dans la moyenne assurant la validation du socle, donc du brevet des collèges, et ouvrant les portes de la seconde indifférenciée ?

Cette démarche s’inscrit bien dans la logique de la refondation : une notation cache-misère validant pour presque tous un socle minimaliste. Les professeurs exerçant en lycée ont du souci à se faire ! Pour la FAEN, il est urgent de se dresser contre la destruction de l’exigence scolaire, et il est de notre devoir de dénoncer ces enfumages, pour rétablir la vérité sur la dérive de notre éducation et prendre les vraies mesures qui s’imposent.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Défendre les lettres classiques, une initiative originale

Un groupe d’enseignant(e)s de lettres classiques, soutenu par des professeurs d’autres disciplines conscients des multiples dangers de la réforme du collège de Najat Vallaud Belkacem, a réalisé un calendrier humoristique intitulé « le calendrier des immortels » afin de dénoncer une des conséquences de cette réforme : la mise à mort du latin et du grec.
Nous vous en offrons un aperçu.
Zeus : « Éradiquer les langues anciennes Allez vous faire foudre ! ».
Bacchus : « Le vin ça enivre, mais la réforme ça saoule ».
Athéna : « La réforme, ça Minerve ».

Les auteurs, de sensibilités syndicales et/ou politiques différentes, précisent que le calendrier est également destiné à être affiché en salle des professeurs sur les panneaux syndicaux.
>Note de la rédaction : n’affichez pas ce calendrier sur le panneau du SGEN ou du SE-UNSA, ils soutiennent activement cette réforme, et tant d’autres réformes délétères...

Bien évidemment, alors que le ministère veut imposer sa réforme et faire taire toutes les voix qui s’élèvent pour résister, ces collègues subissent des pressions hiérarchiques inacceptables en démocratie. Mais la liberté d’opinion existe et le « devoir de réserve », souvent invoqué par l’administration et certains chefs d’établissement autoritaristes, ne s’applique pas aux opinions syndicales ou politiques lorsqu’elles sont exprimées par les professeurs en dehors des heures de cours et des réunions parents-professeurs organisées par l’établissement.

Ce calendrier (vendu à prix coûtant) peut être acheté sur

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

« Revalorisation » salariale : un marché de dupes !

La FAEN a déjà eu l’occasion d’évoquer dans une lettre précédente les « propositions » du gouvernement formulées le 16 juin dernier et concernant la « revalorisation » des agents publics sur la période 2017-2020.
Nous avons montré comme ce projet révélait avant tout une stratégie d’évitement, avec un gel des salaires prolongé au moins jusqu’au début 2017, et la paupérisation généralisée des agents de la fonction publique qui en découle (à l’exception de quelques hauts fonctionnaires servis par des primes - voir ci-dessous : la prime aux recteurs). Avec l’augmentation conjointe des prélèvements obligatoires et du coût de la vie, les agents perdent du pouvoir d’achat, mois après mois.
A la fin du mois d’août dernier, l’INSEE a d’ailleurs publié une analyse qui indique que le salaire net mensuel moyen des enseignants a diminué de 1,1% rien qu’entre 2012 et 2013. Cette baisse s’explique par le gel du point d’indice, mais aussi par une distribution moindre de primes et de rému- nérations annexes, la modification de la structure de la population enseignante, la baisse du nombre des heures supplémentaires. Autant de paramètres qui laissent deviner une stratégie globale de la réduction du coût de la rémunération des fonctionnaires, orchestrée depuis bien des années.
Ajoutant l’insulte à la manipulation, le gouvernement s’est en outre autorisé à poser une contrepartie à son projet de revalorisation post-2017 : l’ouverture d’une nouvelle discussion sur les statuts ! Le discours prononcé le 1er septembre dernier par le président de la République peut néanmoins laisser espérer une embellie pour les acteurs du 1er degré. Le chef de l’Etat a en effet rappelé sa volonté « de prolonger le travail sur l’attractivité du métier d’enseignant », faisant probablement allusion à une prochaine revalorisation de l’ISAE (Indemnité de Suivi et d’Accompagnement des Elèves, qui concerne les professeurs des écoles et instituteurs, mais aussi les maitres chargés de l’aide spécialisée, et les directeurs d’école).
L’alignement de cette indemnité sur l’ISOE touchée par les enseignants du second degré est un moyen de revalorisation du pouvoir d’achat que fait miroiter le gouvernement depuis plus d’un an, sans jamais le concrétiser. Par ailleurs cette mesure, aussi équitable soit-elle, ne résout pas le problème de la baisse du pouvoir d’achat de tous les enseignants. Les quelques revalorisations (encore lointaines) des hauts et des bas de grilles (semble-t-il surtout pour les catégories B et C), et la suppression annoncée des premiers échelons des grades de catégorie A ne peuvent suffire ; d’autant plus que les syndicats ne disposent pas de toutes les informations nécessaires à une réelle estimation du projet (durée des nouveaux échelons ? nombre d’échelons définitifs par grade ? ratios d’avancement de grade ?).
Malgré tout, les fédérations sont tenues de prendre position d’ici le 30 septembre. La FAEN refuse le principe même du blocage des salaires et exige le rattrapage de tout le pouvoir d’achat perdu. La FAEN ne donnera pas un chèque en blanc au gouvernement. Nous restons fermes sur nos revendications d’une réelle revalorisation salariale, et espérons que les autres fédérations de fonctionnaire n’accepteront pas ce véritable marché de dupes.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Réforme territoriale : les incidences sur l’Éducation nationale

La loi relative à la réforme territoriale dite loi NOTRe, a été publiée au JO du 8 août 2015. Elle organise la fusion des régions au 1er janvier 2016. Leur nombre passera de 26 actuellement à 13 en métropole.
Le conseil des ministres du 31 juillet 2015 a dévoilé les décisions prises pour l’Éducation nationale, qui pourraient bien avoir des conséquences importantes.

Synthèse des annonces du gouvernement pour l’éducation

Officiellement, les fusions d’académies ne seraient pas imposées. On prévoit la mise en place d'un "regroupement" des académies composant chaque nouvelle région, celui-ci venant constituer une sorte de "région académique" avec à sa tête un "super recteur", choisi parmi les recteurs de la région, en quelque sorte directeur de l’Éducation du Préfet de région, et interlocuteur du Président de la nouvelle région. Le rôle de ce regroupement d’académies serait d’harmoniser les politiques publiques de l’Éducation nationale, dans un "projet inter-académique".
Afin d’atténuer les conséquences économiques de la perte de la qualité de chef-lieu de région de certaines grandes villes dans quatre des futures grandes régions, le "super-recteur" ne serait pas installé dans le chef-lieu de région. Il est prévu que :
- le « regroupement d’académies » de Normandie sera installé à Caen alors que Rouen sera chef-lieu de région
- Besançon, Nancy et Montpellier accueilleront les regroupements d’académies des régions ayant respectivement comme chef-lieu Dijon, Strasbourg et Toulouse
Le "projet d’organisation inter-académique" pourra aller d’une simple coopération renforcée à des fusions d’académies.

Les conséquences prévisibles de ces décisions

Faute de disposer de toutes les informations, lesquelles devraient être dévoilées au fur et à mesure, c'est seulement de façon schématique que nous analysons les conséquences de cette réforme sur les établissements et les personnels.
1 - Établissements
Une moins grande proximité des décideurs renforce automatiquement le rôle des échelons intermédiaires et donc celui du chef d’établissement déjà accru par la réforme du collège.
De plus, le double objectif poursuivi par la réforme territoriale, efficacité et économies, risque de se traduire négativement dans l’offre de formation faite aux élèves (options enseignées) et les budgets des établissements.
2 - Personnels
D’une part, la création de "super rectorats" risque d'entraîner des déplacements de personnels, notamment administratifs, pas toujours souhaités, dont l’inspection générale évaluait le nombre à 10 000 ! Sans parler des coûts, les mesures d’accompagnement et de formation qui seraient alors éventuellement prises seront alors importantes. D’autre part, si cette réforme était, ainsi que l'affirment les discours officiels, sans incidences sur la gestion des carrières, on imagine mal que des modifications structurelles de cette importance, destinées à réaliser des économies, puissent être sans incidence sur les carrières et les conditions de travail des personnels. On pense naturellement aux mutations, et aux affectations des TZR, des stagiaires et des contractuels.

Conclusion

La simplification annoncée se traduit, au moins à court terme, par l’ajout d’une structure supplémentaire (le regroupement d’académies) qui menace de rendre le fonctionnement du système éducatif encore plus complexe, moins compréhensible et probablement plus coûteux : primes accordées aux "super-recteurs", nombre accru d’instances, donc de réunions et de déplacements etc. On peut d’ailleurs craindre que ces dépenses supplémentaires soient, d’une manière ou d’une autre, prélevées sur les budgets des établissements, y compris leurs budjets pédagogiques.
Il faut considérer en outre que cette réforme ne constitue qu’une étape transitoire d’une réorganisation de l’Éducation, dont nul ne peut actuellement prévoir l’ampleur, et qui pourrait bien conduire à une régionalisation de l’Éducation qui, dès lors, ne serait plus nationale.
Ce faisant, la France poursuit la mise en place de sa nouvelle gestion publique qui se rapproche des règles de management de l’entreprise privée. Alors que les personnels de l’Education, encore nationale, ballotés de réformes en réformes, auraient besoin de stabilité pour asseoir leur action, ces différents éléments montrent que nous entrons dans une zone de fortes turbulences et de grande instabilité.
Pour toutes ces raisons, la FAEN, franchement opposée à la fusion d’académies et à la régionalisation de l’Éducation nationale, demande au gouvernement de revoir sa copie.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Rythmes scolaires : un financement à la petite semaine...

Deux décrets publiés le 18 août dernier établissent désormais les modalités de gestion du "fonds de soutien au développement des activités périscolaires" dans les écoles. Ainsi les communes vont-elles recevoir l’aide financière pour 2015-2016... ou plus exactement, un acompte ! Un tiers seulement de cette aide devrait être versé avant le 31 décembre, avec l’éventuelle majoration (40 € par élève) réservée aux communes les plus en difficulté, le restant de la manne devant être versé avant le 30 juin 2016.
Le montant de base est de 50 € par élève. Environ 30 % des communes bénéficiaires sont concernées par la majoration.

Une telle difficulté à rassembler des fonds montre l'extrême précarité financière du dispositif.
Il faut certes savoir que pour financer les rythmes scolaires, certaines communes font payer les familles. Mais on doit savoir aussi que pour tenir l’objectif financier desdits "rythmes", le gouvernement a dû accepter des financements privés. Le 7 juin 2013 par exemple, l’entreprise TOTAL a signé un accord-cadre avec l’État, et fourni plus de 16,7 millions d’euros pour financer la réforme des rythmes scolaires. En contrepartie, TOTAL siège désormais au Conseil de gestion du Fonds d’expérimentation pour la Jeunesse, avec un droit de vote. L’entreprise compte y imposer sa propre vision "méritocratique" pour l’éducation des jeunes...

La privatisation des "activités périscolaires" a de beaux jours devant elle...

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Non, les vacances scolaires françaises ne sont pas une "anomalie" !

La durée des congés d’été de notre système de vacances scolaires est régulièrement la cible de certains "théoriciens" qui la jugent trop longue et néfaste pour les élèves.
Pourtant, un tour d’horizon rapide permet facilement de se rendre compte que le système français, au sein de l’Europe, est loin de constituer une anomalie, comme le montre un récent rapport de l’agence statistique européenne Eurydice.

En effet, 17 pays européens connaissent des congés d’été plus longs que la France, avec en moyenne 11 à 12 semaines de vacances, cette durée atteignant même 13 semaines en Turquie, en Lettonie, et en Lituanie, et 16 semaines en Bulgarie !
Pour la date de la rentrée, celle-ci est fixée pour la moitié des pays en août, et pour l’autre moitié en septembre (sans compter de nombreux pays où la date est soumise à des décisions locales, voire établissement par établissement).
Les autres périodes de congés sont tout aussi variables : les vacances d’hiver qui durent 2 semaines en France et en Pologne par exemple, durent 4 semaines en Bosnie-Herzégovine et 5 en Islande.

(Source : FAEN-Infos, bulletin télématique de la )

Tout augmente...

Nos collègues seront certainement sidérés de constater que leur salaire de janvier 2015 sera inférieur à celui de décembre 2014.
En cause une nouvelle augmentation ! Celle du taux de prélèvement pour la retraite passant de 9,15% à 9,54% en 2015. Celui-ci continue en effet sa progression annuelle pour atteindre 11,10% en 2020 (pour l’instant !).
(Source : )

La manière de servir et d'en être récompensé

25 620 euros, c’est le montant de la prime annuelle fixée par un arrêté le 28 décembre 2014, qui vient d’arriver dans la poche de tous les recteurs de France.
Cela représente une augmentation de 10 420 euros environ par rapport au montant de la prime des années précédentes, tel que prévu par le décret du 12 novembre 2010. 10 000 euros d’augmentation, soit plus de 865 euros par mois.
Si le fait que cet arrêté ait été pris discrètement pendant les vacances scolaires, entre Noël et le 1er janvier, ne suffisait pas à prouver l’embarras du gouvernement devant cette utilisation pour le moins contestable de l’argent public, il n’y avait qu’à écouter les justifications obscures de la ministre de l’Éducation Nationale pour s’en convaincre : prétextant une simple « mise à niveau » des rémunérations des recteurs par rapport à celles de la plupart des autres hauts fonctionnaires, Madame Vallaud-Belkacem a également évoqué une « crise de recrutement » bien risible.
De toute évidence, l’idée que ce sont peut être les rémunérations et les primes globales de tous les autres hauts fonctionnaires qui sont exorbitantes, et même indécentes en ces temps de restriction budgétaire, n’a pas germé dans son esprit. Et pendant ce temps, les personnels doivent accepter que pour la cinquième année consécutive, leurs salaires soient gelés par le blocage du point d’indice, ce qui continue d’accentuer leur perte de pouvoir d’achat, amplifiée par l’augmentation des prélèvements sociaux.
Même si les augmentations annuelles de la valeur du point d’indice n’atteignaient plus que rarement les 1% ces dernières années, c’est 70 à 150 euros par mois que nous avons déjà tous perdu sur notre salaire à cause de ce gel prolongé.
À noter enfin : le décret de 2010 prévoit une modulation de cette prime en fonction de « la manière de servir »(sic) de l’agent concerné. Voici l’État réduit, pour leur faire admettre et prendre part à la destruction en marche de notre Éducation nationale, à agiter la carotte des primes pour se faire obéir de ses agents d’encadrement.
(Source : )